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Publié le lundi 14 juin 2004

Lundi 14 juin 2004
Notes sur un clavier catégoriel

Il s’agit des catégories d’Aristote.  L’analogie du clavier suggère un instrument conceptuel construit, servant à jouer différentes partitions philosophiques. Un tel clavier a-t-il encore quelque pertinence ou intérêt, s’il est autre chose qu’une curiosité ou un fossile gisant au fond de l’histoire des idées.  Car dans le cadre du courant empiriste britannique envisagé plus haut, Hume et Russell l’ont remis en question sur des fronts complémentaires : empirique et logique.  Le premier fragmente la substance en impressions complexes et remanie d’autres notes du clavier, principalement à partir de l’une d’elles(1).  Le second ne trouve pas mention de principe unifiant les dix catégories ; quant à la substance «s’il y en a une, [elle] n’intéresse pas le savant et relève de pures possibilités abstraites.»(2) Ainsi théoriquement désintégrée par Hume qui la récupère sans scrupule dans sa vie pratique, la substance est reléguée par l’autre au terme d’une analyse logique inachevée du donné empirique, qui recule indéfiniment son éventuel retour en force, à peu près au même titre que la définition de la vie située dans le contexte de sa ‘physicalisation’(3).

Sans contester pour le moment ces arguments tournés contre les catégories d’Aristote, je cherche leur source d’inspiration probable, avant de remonter à quelque motif plausible du fabricant initial. Hume est dit le plus grand empiriste anglais, tandis que Russell incline vers la logique au point d’y avoir cherché le fondement des mathématiques.  On retrouve ce même tandem – de l’empirique et du logique – chez Aristote et Platon, mais dans l’ordre inverse de succession puisque Aristote fut un élève de Platon. Ces orientations tiennent à maints facteurs, auxquels se mêlent des penchants personnels.  Ainsi Platon fut marqué par Zénon et Pythagore dont il connut les influences lors de voyages en Égypte et en Sicile. De son côté, Aristote se démarque du maître par l’influence de son père médecin – pratique alors basée sur l’observation sensorielle brute et fortement teintée d’empirisme du seul fait que son objet, le corps humain, est plus complexe. Quant à Hume, son empirisme subjectif réduit les maths aux sensations qui lui sont plus accessibles, tandis que Russell préfère l’objet des mathématiques, indépendant du monde humain centré sur le moi conflictuel dans la pratique, mais élagué en pure théorie. Ici, le tempérament prévaut sur les influences extérieures dans le choix d’objet préférentiel.

Or mathématique et biologie sont situées aux antipodes d’un gradient qui va de la généralité à la complexité de l’objet. L’une exprime les structures du sujet et l’autre concerne des genèses objectives.  Et il n’est guère facile de raccorder ces pôles en profondeur(4). Platon les symbolise par un dualisme qui sépare pensée et sensations.  Il conçoit l’âme prisonnière du corps chargé d’un lourd tribut non rationnel ; ce dualisme sans concession a des implications éthiques et politiques. Aristote valorise plutôt la connaissance par les sens(5).  Il réunit par un principe substantiel l’âme au corps, que son maître sépare. L’âme devient principe d’unité du corps ; mais il concède au maître qu’une partie plus spirituelle de l’âme – qui la fait rationnelle – en est séparable, sinon tout à fait séparée tant qu’elle est reliée au corps. Il préfère une dualité reformulée qui oppose le singulier à l’universel, le concret à l’abstrait qui l’incite à élaborer une théorie du processus d’abstraction des concepts tirés du donné sensible. L’écart marqué des maths à la bio se greffe ainsi sur cette nouvelle dyade et soulève le défi de fonder une science à partir d’un objet vivant concret. Cependant, cet objet de science s’expose à d’éventuelles pratiques expérimentales qui impliquent une méthode non formulée par les penseurs grecs de l’antiquité.  D’abord parce qu’ils développent une mathématique sans l’appliquer.  Ensuite parce qu’Aristote se coupe des mathématiques idéalisées par Platon en estimant que leur objet n’a pas de réalité. Dès lors, sa biologie demeure empiriste et sa logique est privée d’opérations mathématiques qu’il méconnaît.

Problème : s’il n’y a de science que de l’universel, comment peut-on passer d’un donné biologique concret à la généralité abstraite ? Réponse : par un raisonnement inductif qui génère des concepts d’amplitude croissante. Mais il n’accède pas aux structures nécessaires et universelles du sujet actif. Et pourquoi ? Possible que son option empiriste insuffisamment ouverte aux structures du sujet l’en empêche, par opposition à Platon. Dans ce contexte, son principe d’union substantielle le conduirait à négliger les pures formes mathématiques jugées trop vite incompatibles, inadaptées à une riche réalité biologique concrète qu’il n’aborde que par des sensations mal équipées pour jauger sa richesse. Dans ces conditions, comment retourner de l’abstrait au concret, afin d’établir une science du vivant ? Réponse : par déduction. Aristote franchit ce premier pas avec succès.  Mais il s’y cantonne, sans égard à des formes mathématiques dont il ignore la valeur déductive et opérationnelle. Résultat : il abuse du syllogisme. Sur ce terrain, son influence fait autorité, au moins jusqu’à Kant. Celui-ci reconnaît que les opérations mathématiques ajoutent des formes déductives différentes du syllogisme logiquement inclus, mais les catégories de Kant n’en tiennent pas compte, elles sont dérivables du seul syllogisme.  Russell le remarque : traduire en syllogisme la simple soustraction d’un montant dans une transaction commerciale serait absurde(6).

Si maintenant je pose que les maths sont à la biologie ce que la forme est à la matière selon Aristote(7), alors je suis conduit à considérer que l’union substantielle entre forme et matière suppose que l’harmonie de la biologie et des mathématiques, du concret et de l’abstrait, existe déjà dans les faits. On peut le postuler. Poser ainsi l’union substantielle de forme et matière peut inciter à ne pas questionner, investiguer ni développer cette correspondance, du moins tant qu’elle est trop difficile à démontrer dans tous les cas.  Ce postulat optimiste suppose l’accord intégral du logos avec le cosmos ou la nature. Je le compare à cette procédure algébrique qui suppose un problème résolu au départ.  Pour vérifier sa valeur, il faut développer des formes mathématiques aptes à interpréter chaque donnée empirique expérimentale obtenue.

C’est là une longue tâche, jamais terminée. Elle consiste à transposer les inductions tirées des données que l’on classe mentalement, sous la forme d’hypothèses testées par des protocoles expérimentaux déductifs qui vérifient si les résultats prévus sont infirmés ou non. Quand une idée résiste aux épreuves auxquelles on l’expose, elle devient théorie qui anticipe des faits concrets et sert à les mieux contrôler.  Ainsi perçue, l’expérimentation correspond à la phase du retour au concret par une déduction dont le résultat empirique est probable plutôt que certain. Ce facteur statistique tient au matériel empirique impliqué dans le protocole expérimental, ou à l’écart entre tel matériel utilisé et sa forme chiffrée(8) adéquate, vers laquelle il tend substantiellement, selon Aristote.

Cette boucle expérimentale qui part du concret, s’élève à l’abstrait et revient à un concret(9) resitué et perçu dans un contexte plus favorable à des interventions mieux adaptées aux buts visés, me semble ainsi prolonger et compléter les efforts d’Aristote, en leur ajoutant l’élément qui manquait pour nuancer ses déductions présumées certaines(10). Ce rapprochement peut se faire en principe dans un contexte rasséréné.  La polémique est requise quand on rencontre des résistances doctrinaires ou dogmatiques qui, pour quelques raisons, écartent la discussion de telle position chargée d’implications pratiques.  Cela ne veut pas dire que la polémique est justifiée dans n’importe quel cas, ni qu’elle garantit l’élucidation d’un problème le moindrement complexe et lourd de conséquences(11).  Car elle introduit dans tout débat des facteurs personnels, passionnels et conjoncturels(12) susceptibles de brouiller les enjeux autant qu’ils peuvent forcer le changement des perspectives ; ainsi, Galilée bascule du biologisme d’Aristote vers un physicalisme généralisé qui peut occulter à long terme certaines réalités propres au vivant.

Autre point : si la déduction se double d’une expérimentation, c’est qu’elle perd en force et que sa nécessité logique interne rencontre des résistances empiriques.  Cela vient du fait que ses prémisses dérivent d’une induction qui ne garantie aucune certitude absolue.  Ainsi, la nécessité d’une déduction expérimentale trouve son fondement dans le fait que le résultat de l’induction dont elle dépend est une probabilité qui affecte l’hypothèse expérimentale et qui joue le rôle d’une clé de voûte(13) fichue entre les deux types de raisonnement appuyés l’un sur l’autre.  Si de plus le concret est à l’abstrait ce que la matière est à sa forme mathématique, cela veut aussi dire que le passage du concret à l’abstrait suit deux voies différentes.  Aristote décrit la première en généralisant le concept à partir des sensations ; c’est la voie empirique.  L’insertion des maths figure une seconde voie, distincte. Car leur construction dépend moins des sensations et relève plus du maniement d’un langage symbolique spécial, conçu pour exprimer certaines structures mentales abstraites, édifiées à partir d’actions et d’opérations concrètes.

Ces constructions mathématiques qui constituent des formes abstraites mieux épurées du sensible, Piaget les explique par la coordination d’actions que le sujet exerce sur l’objet perçu ou conçu, au lieu de se satisfaire d’une perception passive de l’objet(14). Il distingue alors une abstraction réfléchissante ou mathématique basée sur l’action, d’une abstraction empirique basée sur la sensation, qu’Aristote propose(15). Pour la comparer aux notions d’un Hume chez qui l’action vient de passions tirées d’impressions internes, il faudrait peut-être concevoir une variété d’impression interne ou impression de réflexion plus cognitive qu’affective. Ou bien considérer une classe d’impressions internes tirées directement des idées d’actions, qui ne seraient pas régies seulement par associations passives, mais aussi par recomposition mentale d’actions réelles ou possibles du corps humain(16). On rejoint ainsi ce type d’amour intellectuel que Spinoza dit more geometrico. Alors, ces mêmes objets, source d’inductions empiriques promues par le langage courant et le sens commun, sont susceptibles de recevoir un traitement mathématique ajouté. Et le croisement des deux traitements complémentaires correspond à ma notion d’induction éclair(17), qui est un insight enthousiasmant lorsqu’on entrevoit d’un seul coup que l’idée conçue dans sa pure forme mathématique n’est pas dénuée de réalité puisque son application expérimentale lui assigne des contenus concrets objectifs circonstanciés qu’elle anticipe(18).

À mon avis, ces contenus concrets circonstanciés recoupent en gros la liste des catégories d’Aristote : 1-substance, 2-quantité, 3-qualité, 4-relation, 5-lieu, 6-temps, 7-position, 8‑possession, 9-action et 10-passion.  En bon logicien, Russell questionne cet ensemble et déclare : «Il n’y a aucune allusion à un principe sur lequel la liste des dix catégories aurait été construite.»(19). Analyse logique pointue qui écarterait leurs dimensions empirique et ontologique(20). B.Lonergan dégage cette origine empirique du clavier catégoriel d’Aristote : «Un naturaliste établira le genre, l’espèce et le cas (la substance) d’un animal, sa taille et son poids (quantité), sa couleur, sa forme, ses capacités, ses tendances (qualité), ses traits de similitude et de dissimilitude par rapport à d’autres animaux (relation), ce qu’il accomplit et ce qu’il est susceptible d’accomplir (action et passion), son habitat et ses changements saisonniers (lieu et temps), son mode de mouvement et de repos (situation), ainsi que la présence chez lui d’éléments tels que des griffes, des serres, des sabots, de la fourrure, des plumes, des cornes (avoir)»(21). Cette approche empirique et biologique correspond bien à l’orientation d’Aristote, même s’il n’en dit mot dans l’Organon que Russell aborde sous l’angle logique(22) ; si cette dimension empirique du projet catégoriel échappe à sa perception du moment, il peut fort bien escamoter, éclipser ou occulter l’insight d’une gestalt biologique à l’origine de cette liste(23).

Outre cette dimension empirique, les catégories ont une portée ontologique par la notion abstraite de substance individualisée.  Car pour Aristote, pas d’accident sans substance.  Cet aspect est biffé dès qu’on ignore ou rejette en bloc l’ontologie de son champ d’intérêt. Sur un plan historique, on tend soit à majorer la substance au détriment des accidents, et c’est le cas de rationalistes tels Descartes, Leibniz, Spinoza, Fichte, Schelling puis Hegel ; soit à ne reconnaître que les accidents, à titre de phénomènes sensibles seuls connus, et on bascule alors dans les clans des empiristes anglais, des néo-criticistes et de la philo du devenir pur chez Hume, Renouvier et Bergson(24).  Pour tout ce monde, pas question de maintenir ensemble substance et accident dans leur réalité distincte. Tout se passe comme si le vieux dualisme platonicien de la pensée et des sensations refaisait surface sans crier gare et sur le dos d’Aristote dont le dualisme substitutif du concret et de l’abstrait aurait échoué, avec ses catégories(25).

Si fondé, ce constat historique a quelque chose d’étonnant et soulève une question de base dès qu’on cherche à mieux comprendre la liste des catégories d’Aristote.  Dans l’idée où substance et accidents coexistent distinctement, au même titre que pensée et sensation chez un individu humain selon Platon, quelle relation peut-on établir entre eux ? À l’approche naturaliste empiriste, proposée par Lonergan, j’ajoute celle du militaire mis en situation et qui concerne directement la réalité humaine.  Je pose donc que ce militaire est une substance réelle, à titre d’individu vivant.  Tout en admettant qu’on ne sait pas encore ce qu’est un vivant, on sait au moins distinguer grosso modo s’il est vivant ou s’il est mort, biologiquement parlant.  Et pour survivre, il a intérêt soit à se poser lui-même une série de questions immédiates, soit à se conformer aux consignes de ceux qui les ont posées à sa place afin de mieux coordonner les faits de guerre.  Voici un aperçu général de ces questions-réponses qui correspondent aux neuf accidents d’Aristote repris dans l’ordre numéroté de la liste ci-haut : 2-combien (calculer mes distances, munitions, ennemis, espaces), 3-quoi (sentir, penser, désirer sur le champ), 4-comment (m’évaluer face à l’ennemi), 5-où (suis-je dans le décor), 6-quand (dois-je fuir, attaquer, attendre), 7-quel terrain (mes positions réelles et optimales), 8-quel équipement (biens utiles qui peuvent me servir), 9-quoi faire (mes actions : offensives, défensives, autres), et 10-quoi subir (mes émotions et passions – motivations incluses –, dont celles que j’inflige et qui m’affectent en retour).

L’intérêt de cette présentation est multiple.  Ce ne sont plus seulement des détails relatifs à la description de tel animal étudié, mais des comportements pertinents à la survie du guerrier.  Pacifistes et déserteurs sont aussi concernés malgré eux.  Autrement dit, l’argument militaire n’est qu’une occasion d’appliquer la grille des notions d’accident et de substance.  Autre avantage : le lien de la vie du guerrier-substance et de ses intérêts-accidents est indéniable, patent et explicite. Précision : ce n’est pas le guerrier en tant que tel qui est substance, mais bien l’individu vivant, accidentellement mis en situation de guerre, qu’il le soit devenu de gré ou de force, de berceau à trépas. Finalement, cette démonstration donne un relief dramatique à ce qui pourrait par ailleurs aisément passer pour anodin et négligeable.

Quelques objections à ce démo manu militari des catégories d’Aristote(26).  Les questions exigent des réponses, tout comme la mise en contexte, tandis qu’Aristote prend soin de décrire isolément chaque catégorie comme un terme détaché de tout contenu vrai ou faux(27), ontologique, ou de sa remise en question. Ce sont par contre des genres qu’on ne peut éviter dans le discours qui relate par exemple des faits de guerre.  Leur usage requiert qu’on classe les espèces et propriétés de chaque genre, à la manière d’éléments d’une syntaxe du contact avec les choses de la vie quotidienne.  Subsiste alors la distinction  d’existants et de mots qui les désignent ; et cette relation doit être analysée. Mais le lien mot-chose diffère du lien substance-accident, bien qu’on puisse toujours avancer qu’un discours sur les choses leur est accidentel, comme il est accidentel par rapport à qui l’énonce.  Sauf si le narrateur est un humain parlant à ceux qui mettent sa vie en question dans un procès, ce dont Socrate est un exemple type, parmi d’autres(28).  (À suivre)

Notes :

(1) J’y reviens au prochain billet.

(2) B.Russell, p 193, AM, Payot, Paris 1965.

(3) «La définition de la vie – si elle est parfois évoquée – est reportée à l’infini, comme but et fin ultimes de la biologie.».  A.Pichot, p 937, HNV, Gallimard 1993.

(4) On est appelé à le faire pour boucler un cercle des sciences tenant compte des structures du sujet et des genèses de l’objet humain.  Revoir les billets du 2004-01-12, notes 11 et 13, et du 2004-02-23, note 19.

(5) On peut se demander si la crise des nombres irrationnels n’y a pas contribué.

(6) B.Russell, page 218, HPO.

(7) C’est dire que la quantité est à la qualité ce que la forme est à la matière, alors qu’Aristote pose exactement l’inverse : forme vivante qualitative et matière quantitative ou très peu déterminée qualitativement, formellement, sinon par union substantielle aux qualités formelles auxquelles elles tendent la main.  Dans un cas, premier et second degrés d’abstraction sont réunis.  Dans l’autre cas, premier et troisième degrés d’abstraction sont réunis par un principe de participation des qualités concrètes aux pures qualités abstraites, de l’empirique aristotélicien à la logique platonicienne, laquelle reliant mathématiques et métaphysique, 2e et 3e degrés d’abstraction selon Aristote, ignore la physique expérimentale mathématisée.

(8) K.Jasper parle d’écriture chiffrée de la transcendance. J.Hersch, page 447, ÉP.

(9) Graphie de la lettre oméga, ou démarche de certaines chenilles à dos rond, pour avancer.

(10) Comparer avec la page Web qui dit que l’expérimentation superpose telle structure mathématique à telles données sensibles dont on prélève une idéalisation sélective.  Cette idéalisation, je l’appelle induction éclair ; elle bondit d’un seul coup d’un concret trié à tel abstrait, de la matière empirique à la forme mathématique dont on cherchera à vérifier la valeur dans des circonstances appropriées, reproductibles, discutables et extensibles s’il y a lieu.

(11) Revoir la mise en garde de Kant, rappelée dans le billet du 2004-01-05, à la note 4.

(12) Par changement du paradigme qui détermine la formulation des problèmes.

(13) Clé de voûte faite de matière empirique induite et de forme mathématique construite.  Il s’agit ensuite de tester cette composition par l’expérimentation.

(14) Jean Piaget, La construction du réel chez l’enfant, Delachaux et Niestlé, 1967. Objet bâti à partir d’actions et rapporté à la notion de substance, sans nier ses qualités sensibles. Page 82, il oppose la déduction constructive aux associations empiriques et à la déduction a priori.

(15) La critique de l’abstraction empirique par Berkeley peut signifier son échec à rendre compte de l’être en acte immanent à l’activité perceptive.

(16) L’origine biologique d’une coordination générale des actions selon Piaget remplace la notion d’intellect agent parfois rapporté à la présence immanente du divin en nous. Comparer aux racines neurales d’une ‘visualisation’ de l’action propre, indépendante de la cécité.

(17) Revoir ce concept introduit à la note 10, ci-haut.

(18)  L’exemple type est E=MC2.  Il m’arrive de supposer que je fabule les yeux fermés. ;)  La rencontre des maths et de l’empirique, ou plutôt l’union de la forme avec la matière, donne lieu chez Aristote au concept d’un temps éternel qui harmonise le temps des perceptions humaines avec l’éternité des lois du cosmos. Voir Jeanne Hersch, page 68, ÉP.

(19) B.Russell, page 219, HPO. Dans cette traduction, l’accident qualifié de manière d’être tient lieu et place du terme possession.  Une curiosité qui me laisse songeur à cause du poids relatif déjà pressenti pour cette catégorie : billets 2004-04-20 note 11, 2004-05-12, note 19.

(20) Il sépare le mot de la chose : billet du 2003-09-29, 3e paragraphe.

(21) B.Lonergan, page 414, L’insight, Bellarmin 1996.

(22) B.Russell, page 214 à 222, HPO : section xxii du livre premier = La logique d’Aristote.

(23) Comparer au billet sur Trois images à double sens.

(24) Jacques Maritain, pages 163 à 166, Éléments de philosophie I, P.Téqui, 1946.

(25) En partie à cause d’une christianisation hâtive, le dogmatisant à outrance dans un milieu culturel qui a suscité des réactions polémiques enflammées ?

(26) Remplacer le guerrier par un robot est une façon de questionner ce démo.

(27) «Aucun de ces termes en lui-même et par lui-même n’affirme, ni ne nie rien ; c’est seulement par la liaison de ces termes entre eux que se produit l’affirmation ou la négation.» Aristote, page 6, Organon I,4,2a,5, Vrin, 1969.

(28) Paul de Tarse est un autre guerrier parleur, influent pour des motifs différents bien que concurrentiels, dans le milieu culturel chrétien du Moyen Âge.

Par zero • 2004-06-14 13:14:53
Permalien | Réflexions, Savoir



2 Commentaires :

Commentaire écrit le mardi 22 mars 2005 à 12:14:17 (lien)
yvon roy
Les catégories d'Aristote ne semblent pas tenir compte du vivant comme tel, et sa forme n'est peut-être en somme qu'une formule en résumé.

En nommant la substance élément par exemple, la quantité et la qualité donneront les différentes formules chimiques nécessaires au biologique.

Les relations entre le lieu (espace) et le temps donneront une position, en physique du moins.

Et l'action, la passion ou la possession ne semblent vraiment s'appliquer qu'en psychologie à vrai dire, où le propre et l'accident s'y mélangent sans ordre cognitif précis.

Cette soi-disant substance étant bel et bien constituée d'éléments, la vie comme telle ne saurait donc être qu'une seule formule mathématique comme le prétendait Platon, encore moins une simple matière sans forme comme le prétendent encore les dinosaures.

Les rationalistes sont donc dans la brume tout autant que les empiristes en analysant les réalités de la biologie, et tout comme la vie ne saurait être qu'une série de mots, ainsi de même la matière ne saurait se traduire qu'en petites monades qui expliqueraient tout.

Les modes d'être sont bien la seule base réelle sur laquelle on pourrait considérer la biologie en fait, et les gênes qui en sont la seule forme réelle qui en détermine toutes les structures apparentes ne pourraient donc de ce fait être comparés aux réalités des étoiles c'est fort probable.

Tout le reste n'est sans doute que littérature plutôt que pensée véritable à mon avis, puisqu'en comparant des choses qui ne sont pas de même valeur, les difficultés tout autant que les
imprécisons qui en découlent ne sauraient être que vraies ou fausses par delà toute considération sémantique, et le mieux serait probablement d'en conclure qu'Aristote n'est plus pertinent de nos jours, statistiquement parlant tout au moins, puisque qu'il semble strictement impossible à l'Entendement de conclure que les vaches pourraient se mettre à parler sous le seul et unique prétexte qu'elles auraient une forme tout comme les humains, n'est-ce pas?


Commentaire écrit le samedi 4 décembre 2004 à 13:35:05 (lien)
asmaa
j'ai besion de faire un commentaire sur un texte d'Aristote sur le syllogisme, intuition et formation, les Analytiques Seconds le plus vite passible
aidez moi surtout que tout ce que j'ai trouvé en effectuant cette recherche n'avait aucune reletion avec le sujet donné
repondez moi


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