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Publié le mardi 20 avril 2004

Mardi 20 avril 2004
L'individuation selon Brentano (2)

Aux extrémités de l’échelle des grandeurs quantique et relativiste, les catégories, divisions et théories de l’être selon Aristote perdent un peu prise(1).  Elles s’appliquent mieux à l’échelle humaine, encore qu’on a contesté le sens des dix catégories jusque sur ce terrain plus familier(2).  Malgré cela, Brentano envisage d’étendre sa notion du lieu substantiel au cosmos, par extension de son concept au-delà de l’objet empirique selon Kant, vers une totalité englobante, un peu à la manière de Spinoza. Quant aux images objectives qu’on s’est faites du cosmos jusqu’ici, il s’agit de réductions qui varient en fonction des moyens d’observation et des outils conceptuels disponibles, sans changer le référent. Il arrive qu’en astronomie on anticipe par des concepts ou des théories certains contenus du cosmos, un peu comme Mendeleïev a conçu son tableau des éléments chimiques avant que toutes ses cases ne soient remplies par des données empiriques.  Les anticipations théoriques d’Einstein et Le Verrier sont exemplaires à cet égard.

Tout comme le souvenir d’évènements mémorisés, l’anticipation est une fonction naturelle et variable non seulement de l’esprit humain capable d’imaginer, mais aussi de la matière vivante observée dans son développement. C’est peut-être par le biais d’une telle fonction que la représentation du temps s’installe vraiment, s’élargit et que s’ajoute ainsi au changement une dimension nouvelle qui peut rétroagir sur le passé et le présent perpétués et mémorisés. Cette rétroaction s’articule naturellement d’abord dans l’accomplissement des besoins et des désirs encore insatisfaits, puis de manière plus novatrice dans l’évaluation du résultat obtenu, dans l’élaboration, la sélection et la réalisation de nouveaux projets mieux conscientisés, définis, formulés, explicités.  Ces projets sont précisés au début par certains aspects de leur faisabilité avant de considérer et d’aborder leurs conséquences à plus long terme, compte tenu de leur diffusion dans le milieu où ils sont implantés et où ils interagissent avec lui, compte tenu aussi des valeurs d’usage ajoutées par l’intervention du facteur humain.  Ce qui met en jeu divers paliers de complexité ou niveaux d’organisation et soulève enfin l’éventuel souci d’avoir à établir ou maintenir un équilibre minimal dans cette transformation objective du monde et de l’habitat humain, qui résulte d’une intense activité exercée à grande échelle, jusqu’à commencer à rogner sur des conditions initialement plus favorables à l’expression de la diversité dans la biosphère(3).

J’ouvre ici une parenthèse à propos des concepts de rétroaction et de sélection : ne s’agit-il pas là de mécanismes antérieurs à celui de l’anticipation, naturelle ou intentionnelle, qui les enrichit et les développe chez les vivants ? Ces trois mécanismes semblent également compatibles avec les notions de cause finale, de finalité interne ou externe, de téléonomie et de néguentropie, laquelle s’applique déjà au monde inerte(4).  Dans ce cas, certains débats de l’histoire des idées deviendraient du coup désuets, comme ces querelles de clochers qui dogmatisent leurs structures pour des motifs d’intérêts divers, encore mal élucidés.  De plus, faudrait savoir si l’idée d’anticipation n’est pas déjà implicite au rapport proportionné de la puissance à l’acte postulé par Aristote ou exigé par sa dynamis.  Dans ce cas, on peut se demander si elle n’est pas comparable à un déterminisme non fataliste, qui n’exclurait pas plus la notion de probabilité que celle du chaos selon Mandelbrot ou même, à la limite, le concept de liberté intérieure, doublé d’une certaine responsabilité morale sur laquelle Hume et Kant ont ferraillé chacun de son bord, sans oublier Aristote(5).  Fermer la parenthèse.

Brentano n’a qu’ébauché sa pensée sur l’individuation.  Cela laisse plus de liberté à qui veut bien tenter de la relancer.  Deux points me frappent.  D’abord la double substance, celle de l’individu puis celle de l’univers qu’il habite.  S’il s’agit des individus, chacun peut se faire des images de son univers personnel, de celui de son espèce naturelle, et du cosmos ; les images scientifiques correspondantes sont le fruit d’œuvres collectives, des cathédrales du savoir en marche.  L’image rend l’objet plus ou moins approprié au sujet qui la compose.  La substance est en principe du côté objet, tel que conçu par un sujet qui partage son idée au moyen du langage exposé aux critiques interne et externe.  J’assume que les substances cohabitent et sont même hiérarchisées, que le cosmos produit l’individu qui s’en nourrit. 

Pourquoi et comment ?  Pour subsister et grandir.  Soit en se reproduisant, ce qui lui donne l’occasion de redécouvrir des aspects cachés du cycle vital objectif auquel il appartient, soit en développant diverses potentialités humaines à repérer par l’expérience directe et par un accès au patrimoine culturel que chacun s’approprie, mastique, rumine, digère ou régurgite pour ainsi dire à sa manière, suivant ses goûts et ses talents.  Cette idée de substances emboîtées diffère un peu de la façon dont Spinoza conçoit le rapport univers/individu. J’ai l’impression que la relation d’emboîtement selon Brentano est plus organique que celle conçue par Spinoza, bien qu’elles aient ce commun souci de souligner des modalités d’interdépendance.  Comment le préciser.  Comme Aristote, Brentano approche l’individu concret pris dans son milieu et s’intéresse spécialement à mieux comprendre certains traits de sa psyché. Avec sa méthode more geometrico, Spinoza voisine Platon, également par sa racine juive : bref, il platonise Descartes.  Au contraire, Leibniz s’attarde davantage à la forme substantielle d’Aristote qu’il révise au regard du rationalisme cartésien ; son monadisme tendrait à projeter les structures mathématiques dans des formes substantielles que Spinoza soumet à un monisme déterministe voulu sans faille. Spinoza a l’intransigeance moniste d’un Parménide tandis que la conciliation des contraires rapproche Leibniz d’Héraclite.  Bien qu’anti-leibnizien et anti-aristotélicien par sa conception du lieu comme substance, Brentano se rapproche davantage de Leibniz et d’Aristote que de Platon et Spinoza(6).

Second point frappant : je crois que la notion de lieu substantiel envahit celle de forme substantielle, du moins dans l’esprit d’un Brentano aristotélicien au départ.  Pas question de faire cohabiter forme et lieu substantiels dans le même individu, comme deux substances distinctes ; une notion doit éclipser, supplanter ou intégrer l’autre.  Peut-être s’est-il dit que le couple forme-matière occupe un lieu qui les réunit et les comprend intégralement.  Opter pour un lieu substantiel campe à mon avis Brentano dans le champ du rationalisme cartésien pour qui la matière comprise au sens moderne est une substance étendue quantifiable et pleine, incluant donc tout contenu possible, les qualités et même le ‘vide’ spatial aussi susceptible d’être structuré(7).  Pareille conception remplace l’idée de  forme substantielle, dans la mesure où la notion d’une matière étendue, qualitativement plus ou moins déterminée, est partie dérivée d’un sujet pensant actif, par quoi Descartes valorise son talent de mathématicien.  Il renoue avec Galilée qui montre que les mathématiques s’appliquent au monde, selon l’antique intuition de Pythagore que Platon relance dans le domaine des affaires humaines où s’ajoutent des qualités affectives que le mythe de la caverne idéalise et dissocie des apparences sensibles, tandis qu’Aristote ramène la forme à l’apparence qu’il sauve avant de l’en abstraire, sans trop déployer ce mécanisme d’abstraction mis en oeuvre. 

Kant reprend l’idée d’espace où il voit une forme a priori de la sensibilité, inconsciemment objectivée, projetée sur un monde extérieur nouménal dont nos organes sensoriels ne perçoivent qu’un contenu empirique classé en fonction des catégories et des Idées, respectivement formes de l’entendement et de la raison.  Comme le cogito, cette approche kantienne met en valeur l’activité du sujet, en lui reconnaissant une valeur plus inconsciente que consciente.  Par son concept d’aperception, Leibniz trace déjà une voie vers cette transition entre deux niveaux d’éveil.  Si je ne m’abuse, la solution originale de Kant exploite cette double voie d’accès leibnizienne, braquée sur l’intériorité sous-jacente au cogito.  Peut-être que le dualisme cartésien qui différencie la pensée d’une étendue conçue extérieure, repose sur le rejet d’une notion d’inconscient qui, échappant par définition à la volonté consciente, enchaîne et déresponsabilise relativement le sujet. Toutefois, rendre l’inconscient conscientisable et maîtrisable plaiderait en faveur de Descartes sans tomber dans son piège d’une omission(8) qui escamote un développement de la conscience à partir de racines inconscientes et d’abord corporelles, par conséquent passionnelles.

Par l’idée d’un lieu substantiel, Brentano met du neuf dans ce tableau d’ensemble.  D’une part, il morcelle l’étendue cartésienne en isolant des individus séparés, constitués en objets autonomes et actifs.  Cette idée double celle du «moi ponctuel»(9) chez Locke. Je crois qu’un lieu substantiel peut s’appliquer au corps humain intégral, à la fois vivant et pensant. Contemporain de Freud, je présume que Brentano s’intéresse autant à l’activité du corps qu’à celle de l’esprit, l’une n’allant pas sans l’autre, ce qui prolonge l’approche empiriste mitigée d’Aristote. Pour sa part Descartes réunit les deux substances étendue et pensée par le biais du sentiment ou des passions, lesquelles feraient le pont entre corps et âme.  Hume reprend ce schéma à sa manière : les passions deviennent pour lui aussi un passage obligé des idées aux actions du corps.  Hegel confirme ce moteur essentiel quand il dit que «…rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion.»(10)  Et pour continuer sur un autre registre, dans un poème en prose Baudelaire recommande de s’enivrer, peu importe qu’il s’agisse de vin, de vertu, d’extase, de livres ou d’astrophysique, tandis que Mallarmé débute Brise marine par ces mots drus : «La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres» qui ennuient ce fin lettré devenu avide d’exil géographique plus tangible, malgré les détachements encourus. Prise comme élément aussi unificateur et mobilisateur, la passion ne peut qu’intéresser le psychologue Brentano et je présume donc qu’il doit l’intégrer à son idée du lieu substantiel ; sinon, je lui prête l’intention et reprends ici cette notion à mon compte personnel(11).

D’autre part, l’intérêt particulier du lieu substantiel d’un corps, coextensif au lieu substantiel de l’univers, tient à deux choses.  L’attention s’investit plus naturellement sur leur rapport et souligne la relation implicite obligée établie entre ces deux lieux, universel et concret.  Au point de vue physique, l’un dérive de l’autre, est constitué des mêmes éléments matériels disposés différemment, par le fait d’une néguentropie dérivée de l’entropie générale, en supposant bien sûr que l’univers est un système fermé.  La spatialité coextensive aux lieux corporel et universel garantit leur interdépendance et met l’accent sur la place de l’un dans l’autre, de l’individu dans le cosmos, dans un monde auquel il appartient corps et âme, malgré lui(12).  On peut ici rappeler que l’individu est un objet plus facile à circonscrire que l’univers dont Kant parle comme d’une des trois Idées régulatrices de la raison pure et qui ne sont pas des objets empiriques proprement dits(13).

Bref, on y est tous plongés sans exception comme poissons dans l’eau, façon de parler.  Tout compte fait, c’est un milieu naturel accueillant, spécialement sur la planète bleue.  Pour qui est constamment et passionnément en quête d’expansion vers quelque nouvelle frontière à franchir et à conquérir, le jardin terrestre peut paraître toutefois moins précieux, du moins sur le coup d’un élan de curiosité orientée vers l’ailleurs.  Surtout quand on envisage que les limites des ressources planétaires requièrent la mise en œuvre d’un type d’expansion plus organique. Et a fortiori si la tâche d’aménager et de répartir équitablement l’exploitation de ces ressources limitées au profit de tous apparaît comme une échéance prochaine à résoudre.  C’est qu’on n’a peut-être pas assez pris au sérieux, ou appris individuellement et collectivement à prendre en charge un tel objectif, à s’y appliquer efficacement, avec un bonheur orienté vers un bien commun planétaire(14).  Dans ce monde où la technique réduit les distances par des raccourcis virtuels plus mobiles, ce bien commun général peut devenir plus tangible et il nourrit l’appétit de savoir où va l’espèce, sa quête de sens sur Terre.

Maintenant, quel type d’attention sollicite ce postulat du couple substantiel individu-univers ? Pour le moment je l’entrevois ainsi. Ce couple ancien mais conceptuellement enrichi et rénové tend à supplanter la division étendue-pensée qui se répercute sous la forme du paradigme opposant empirisme et rationalisme, lesquels se partagent l’essor d’une pensée mécaniste dont découle apparemment le courant naturaliste(15).  Ce qu’il substitue en première place, c’est la notion du destin commun où l’individu appartient à l’espèce humaine et au genre vivant issu d’une matière ‘inerte’ dont on apprend que l’évolution à long terme rebondit jusque dans nos cœurs, par la voie de passions individualisées qui rétablissent le lien entre extérieur et intérieur, étendue et pensée, par le biais du corps vivant et pensant.

À titre d’interface, la peau mérite ici un premier temps d’arrêt, car elle veille et préside au contact de la pensée avec le monde ambiant, corps propre inclus.  Paradoxalement, Paul Valéry dit qu’elle est ce qu’il y a de plus profond chez l’humain, singe nu.  C’est vrai dans le temps par son origine embryologique, dérivée de l’ectoderme ; puis par l’affection transmise d’un humain à l’autre via les contacts peauciers ; enfin par sa différenciation locale en rétine, extension du cerveau qui affleure aux photons dirigés sur elle à travers l’appareil oculaire.  Ce dernier point mérite un second temps d’arrêt, car affections et attentions passent aussi par l’œil qui peut les focaliser à l’excès, au détriment d’autres voies d’accès au monde(16).  De plus, l’objet visuel paraît éloigné, bien qu’il requiert le contact immédiat du photon sur la rétine.  La transparence des milieux intermédiaires sert de trompe l’œil qui joue sur l’intentionnalité, consciente de quelque chose qui peut être aussi extérieur dans l’espace et le temps qu’une étoile éteinte, par exemple(17).

Pour revenir aux passions qui unifient diversement matière et pensée puis corps et univers, leur nature et leur potentiel supposent que l’individu apprend à maîtriser, conscientiser, moduler ou canaliser par la pensée ces passions naissantes, leur fougue, persistance et champ d’application.  Cette maîtrise s’acquiert, s’exerce comme liberté d’auto gouvernance dans un environnement d’abord immédiat, qu’on élargit peu à peu aux plans des affections, de l’action et de la cognition des rapports que l’individu choisit d’établir avec son milieu à tel moment donné. Elle se motive entre autres par une expérience progressive des enracinements particuliers dans le cosmos.  Et elle tient compte de chaque ADN, des phénotypes individuels développés et surtout de leur adaptation singulière aux milieux, choisis à divers degrés.  L’individu les filtre et les combine plus ou moins à sa manière propre, souvent assez peu conscientisée, qu’ils lui soient ou non imposés.  Mais ces points d’apprentissage instrumentable pourraient peut-être servir à restructurer les relations des humains sur la planète – projets communs – sans négliger leur essentielle diversité. (à suivre)

Notes :

(1) Bien qu’on parle d’un néo-hylémorphisme appliqué à l’échelle quantique, par substitution de l’énergie à la matière, compte tenu de l’équivalence établie par Einstein. (possible que l'hyperlien soit temporairement non fonctionnel; tiré d'ici : http://www.u-blog.net/FulcanelliPhilo/, à Formes, temps, substance. )

(2) Du terme catégories chez Aristote, Kant ou Hegel : «Je dois avouer que je n’ai jamais été capable de le comprendre.» B.Russell, page 219 dans Histoire de la philosophie occidentale.

(3) Souci complètement négligé dans une sur-pêche océanique sauvagement industrialisée, motivée par le seul appât du gain intensif de groupes particuliers.

(4) Albert Ducrocq, Le roman de la Matière, Cybernétique et Univers 1, Julliard, 1963.

(5) Éthique téléologique du bonheur contre morale de l’obligation, du devoir : voir Éthique et morale de L.Jaffro, dans Notions de philosophie III, page 256, dir. par D.Kambouchner.

(6) Cette page Web survole la lecture de Spinoza par Leibniz. Celle-ci scrute l’individuation selon Spinoza.

(7) Confirmé entre autres par la notion d’un espace-temps selon Einstein, et peut-être aussi par celle d’un certain ‘vide’ quantique, au-delà d’une raillerie de Voltaire sur un plein statique.

(8) Comparer à ce qu’on appelle aujourd’hui L’erreur de Descartes, selon A.R.Damasio.

(9) Voir Charles Taylor, chapitre 9, dans Les sources du moi, Boréal, 2003.

(10) Gérard Pernon, page 101, Dictionnaire des citations, Ouest-France, 1982, qui cite Hegel, La Raison dans l’histoire.

(11) Un tel ‘lieu passionnel substantivé’ signifierait que les accidents passion et possession d’Aristote sont à réviser dans leur rapport au lieu, constitué en ‘place occupée’, sans oublier d’intégrer étroitement à ce lieu commun ‘réapproprié’, devenu propre, l’action, le temps, la position et la relation au monde : aller là, à la note 5.  Bref, le rapport du lieu substantiel à ces autres ‘accidents’ aristotéliciens sollicite une reconfiguration interne qui tiendrait mieux compte des structures fonctionnelles (du corps en question) dont ces dits accidents relèvent.

(12) De même que la chimie a succédé à l’alchimie qui conserve un certain intérêt quand on considère ses motifs et son sens profonds, on peut imaginer qu’une bio-astronomie naissante est appelée à prendre la relève de l’astrologie, si par gageure elle parvient à concerner chacun dans son destin collectif et à la limite rejoindre ses soucis quotidiens particuliers.

(13) Voir la notion de représentations sans objets chez Brentano.

(14) Comparer à : «Et l’absence de structure homogène de l’espèce interdit la circulation entre les groupes humains d’une information circulante valable pour l’ensemble humain et non pour des sous-groupes dominants ou dominés.».  Tiré de H.Laborit, page 137 dans La nouvelle grille, R.Laffont Folio-essai, 1974.

(15) C.Taylor, chapitres 3 et 25, dans Les sources du moi, Boréal 2003.

(16) Question d’hygiène et d’équilibre personnalisés dans une dynamique des entrées sorties et modulations d’un système vivant et pensant.

(17) Transposable aux sons, car l’œil et l’oreille sont classés télé-récepteurs.  Malgré les nuances à faire entre ces deux organes et leurs connexions au cerveau, ils sont tous deux affectés par des phénomènes ondulatoires.  Dans le cas des sons, la transmission naturelle des ondes s’opère par voie de supports physiques variés et consistants.  L’élément vibration, perceptible sous forme de couleurs ou de sons, peut avoir un impact émotionnel non négligeable, greffé à leur contenu cognitif.  La genèse du sens de l’extériorité passe par la peau, l’oreille et l’œil, éléments anatomiques que Hume a délibérément omis de son Traité où il utilise les effets de ces organes sans les analyser, de même qu’on peut utiliser son cerveau à l’aveugle, en transparence, sans égard à sa structure et à son fonctionnement.


Par zero • 2004-04-20 13:51:31
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1 Commentaire :

Commentaire écrit le mercredi 5 mai 2004 à 11:13:20 (lien)
zero
hihi, «apprentissage instrumentable» mérite une mention spéciale ?
Par «instrumentable» je voulais dire en un seul mot que les objectifs pédagogiques requièrent parfois du matériel d'apprentissage adapté ou adaptable, donc à inventer au besoin.


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