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| Publié le lundi 28 juillet 2003L’expression carnet miroir est plus facile à imaginer que carnet nodal. Dans la mesure où il reflète notre personnalité littéraire, un carnet web devient miroir de soi. Owen Meany a commencé d’explorer cette avenue avec brio, ici et là, à l’aide d’une batterie statistique sophistiquée, basée sur le postulat que le succès de l’œuvre témoigne de son artisan, ces deux compagnons étant soumis à la même usure du temps. Mon approche différente se veut subjective, sans prétention. Elle cible la germination initiale, quand par exemple un carnet ne mérite pas encore de voir affichée à la page d’accueil de Monblogue.com chacune de ses mises à jour. Avant d’arriver là, on peut traverser une phase de probation en se demandant de quoi pourrait avoir l’air ce carnet s’il était chaque fois exposé au regard des autres, et de ce qu’il pourrait lui manquer pour capter ou mieux retenir l’attention. Au départ on est seul ou sans réponse extérieure immédiate pour le situer. Ceux dont les carnets restent malgré tout privés de commentaires - bien que défilant sur la une - se retrouvent dans une situation transitoire parce qu’exposés aux regards de multiples yeux aussi secrets que silencieux. Mis bien sûr à part ces deux faits que les statistiques de fréquentation et les référencements au web sont des indices à la fois significatifs, accessibles et révélateurs. Alors quelles conditions affectent l’image subjective qu’un carnetier développe de son entreprise naissante ? J’en retiens trois générales. L’habitude ou l’occasion préalable d’écrire dans des médias publics. La valeur de l’image de soi. La qualité des premières ébauches du carnet à nos propres yeux. a) Selon la première condition, les journalistes seraient avantagés dans l’entreprise du seul fait qu’ils sont mieux rodés au métier d’écrire, délibérément choisi et cultivé dans un cadre professionnel bien balisé. Suivent de près professeurs et autres personnes avantagées par l’instruction. Chacun mise sur une liberté d’expression – à mon avis sans égal dans d’autres médias - susceptible de fouetter soit la créativité, qui trouve enfin tribune à sa mesure, soit une fière affirmation des compétences, ou encore un mélange original de ces deux éléments combinés. Ces conditions supportent l’aptitude à relever les astuces de l’écriture jusqu’à fournir aux textes produits des qualités d’autonomie, d’audace et de générosité suffisantes pour garantir leur accueil favorable dans un contexte multiculturel plus que jamais exposé aux quatre vents. Les pauvres en pratique préalable d’écriture me paraissent désavantagés dans l’aventure soutenue d’un carnet web, à plus ou moins court terme. Et ils doivent par conséquent se rabattre davantage sur la seconde condition. b) J’assume que l’image de soi, édifiée à partir d'une confiance de base en soi, varie indépendamment du degré d’instruction et du talent d’écriture. Mais quand ces deux premiers éléments sont réduits, j’imagine qu’elle doit compenser d’autant pour inventer des portes de sortie qui motivent à persister malgré tout dans une communication gratuite, et à découvrir ses satisfactions sur Internet. Les principaux facteurs qui à mon sens peuvent pousser un carnetier confiant en soi malgré une pratique d’écriture minime ou déficiente, à persévérer dans un projet d’écriture qu’il se donne librement, ce sont la valeur et la diversité des modèles découverts en fouinant dans la carnetosphère, sa curiosité aidant. Pour qui a une ferme confiance en l’avenir de son projet, ces deux types de stimuli sont des invites quasi irrésistibles à cultiver le choix d’écrire en vue de promouvoir ou développer une meilleure articulation de sa pensée. L’autre ingrédient qui fait parfois partie intégrante de la motivation d’écrire réside dans l’agressivité civilisée ou un certain besoin d’afficher sa révolte avec une force contenue mais sans pitié face aux petits et plus grands travers du monde actuel. c) Quand les deux conditions précédentes manquent tout à fait à l’appel – le travail studieux et la foi en soi - il m’apparaît miraculeux d’accéder du premier coup à l’ouverture réussie d’un carnet web. Ne serait-ce qu’à cause de cette brève et intense période d'incertitude qu’on doit affronter en l’écrivant et en questionnant sa pertinence eut égard à la possibilité de récupérer le projet sans trop le défigurer. Si bien sûr cette purge nous est ménagée par un cours d’appoint spécifique, l’entrée en matière sera d’autant facilitée. Mais ça ne garanti pas qu’il ne fera pas long feu, une fois sevré d’apprentissage et exposé au trafic hétéroclite et peu balisé des autoroutes de l’information. Je termine par un témoignage personnel. Ayant relu quelque fois mon billet d’ouverture bâti autour de l’expression carnet nodal, je me demande encore comment ou par quoi y faire suite. D’abord parce que je me reconnais étrange dans ce morceau ramassé en une phrase clé dont l’essentiel venait pourtant de moi, malgré ses emprunts évidents. Et j’ai entrevu là que le travail d’écriture peut nous distancier de nous-mêmes durant quelque temps. Comment ? En ce qu’il emprunte un langage élaboré, parfois très différent de mon langage courant quotidien, à force de ruminer certaines lectures difficiles et fragmentées dont j’ai peu ou jamais l’occasion de parler, simplement(1). En un mot, le carnet miroir de soi est parfois déformant, tel qu’illustré avec humour par le graphisme qui vient conclure le présent article. Affronter cette distorsion demande énergie et vigilance pour que mes images esquissées, bestioles abstraites scintillantes, ne basculent trop vite du charmant symbiote au parasite nocif. L'autre solution consistera pour moi à relire quelques-uns des hyperliens précédents, dont je fais d'ailleurs ici une première expérience probablement surchargée.;) Excusez-là ! (1) Décalage entre certains choix de lecture et culture domestique ambiante, dans mon cas.
Par zero • 2003-07-28 17:59:48 Permalien | • 2 Commentaires : Commentaire écrit le jeudi 16 juillet 2009 à 16:37:49 (lien) zero On peut aussi écrire un blogue pour soi tout en se posant des questions qui ne seraient pas pertinentes si ce blogue n'était pas exposé à la lecture de quiconque. Mon questionnement répond à une nervosité que je n'arrivais pas à passer sous silence. J'essaie de le traiter pour moi, à ma manière sur le coup, afin de passer à autre chose. ;) Commentaire écrit le mardi 14 juillet 2009 à 19:31:48 (lien) lady - ladyphoto.canalblog.com je crois , qu'en faisant soit un carnet littéraire, soit un blogue d'autre catgorie, il faut le faire d'abord pour soi...sans se poser de questions...ceux qui aimeront,viendront s'y joindre...les autre continueront leur chemin dans la blogsphère... salutations ly Ajouter un commentaire |
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